Comment écrit-on un bon article de vulgarisation scientifique ?

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Juliette François-Sévigny

Éditrice en chef de la revue La Fibre

Comment écrit-on un bon article de vulgarisation scientifique ?

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Juliette François-Sévigny

Éditrice en chef de la revue La Fibre

Écrit simplement, vulgariser consiste à partager la science au grand public. Le jargon est donc à proscrire. Gardons en tête que vulgariser n’est pas un prétexte pour étaler nos impressionnantes connaissances scientifiques. Pour cela, il y a les mémoires de maitrise et les thèses doctorales!

Considérant que vulgariser correspond à un partage, il faut tenir compte des intérêts du lectorat1. Peu importe l’importance de votre message, si dès les premières lignes, le lectorat n’est pas intéressé par ce qu’il lit, il est peu probable qu’il poursuivra sa lecture. Le swipe à droite constitue donc notre première mission en vulgarisation scientifique. La deuxième sera d’informer.

 

Pour accomplir cette double mission, nous devons utiliser certains principes journalistiques fondamentaux.

 

Le chapeau : l’art de couvrir l’essentiel

 

Comme un chapeau qui nous couvre la tête, celui d’un article de vulgarisation scientifique doit couvrir l’essentiel de notre article, et ce en moins de 90 mots. Cela implique donc de laisser les détails à la même place que votre égo : de côté pendant que vous rédigez!

 

Le chapeau est le premier paragraphe d’un article de vulgarisation scientifique. En plus d’être accrocheur, il doit répondre à cinq questions de base sur l’article : Qui? Quoi? Quand? Où? Pourquoi? En lisant le titre et le chapeau, le lectorat devrait être en mesure de connaitre les principales conclusions de votre article.

 

Regardons maintenant un exemple d’un chapeau. Voici celui de l’article « Les bactéries, des alliées à double tranchant » ayant été publié à La Fibre lors de l’édition du printemps 2021 par Maude Hamilton.

En ayant seulement lu le titre et le chapeau, nous comprenons qu’il sera question des implications positives et négatives des bactéries dans notre corps, soit l’objet de l’article.

 

La force de l’amorce

 

Savez-vous qu’au cours de sa vie, un humain peut produire en salive l’équivalent de deux piscines olympiques?2 Que vous soyez ou pas un grand passionné des glandes salivaires, l’étonnement provoqué par ce fait a probablement suscité, chez plusieurs, l’intérêt de poursuivre sa lecture. Il s’agit en fait de la fonction première de l’amorce. « Tout comme un étalagiste, vous devez placer des éléments capables d’attirer l’attention1 ».

 

L’amorce est le paragraphe qui suit le chapeau. Elle peut prendre plusieurs formes. Il peut autant être question de présenter une statistique surprenante que de poser une question qui saura captiver le lectorat. Cependant, comme le double-dip à la trempette, l’amorce possède également ses interdits. Quoi de pire que d’en commencer un par une généralité ennuyante, une définition encyclopédique ou encore une description de son cadre de recherche1.

 

Le mot d’ordre est donc que notre amorce puisse susciter étonnement et intérêt plutôt que bâillement et indifférence.

 

Pour en connaitre davantage sur les principes journalistiques fondamentaux à l’écriture d’un bon article de vulgarisation scientifique, vous pouvez consulter la section blogue de Sciences101.ca.

 

Le corps du texte : renverser ses mœurs scientifiques

 

À la suite de l’amorce se trouve le corps du texte. Il est régi par le principe le plus important en vulgarisation scientifique : « aller du particulier au général1 ». Sa structure fait donc écho à la pyramide inversée. Il s’agit de débuter par le résultat ou l’information à retenir, puis de contextualiser le tout.

 

Si l’information à retenir est que les parents d’enfants atteints de la leucémie vivent plus de stress que ceux dont les enfants respirent la santé, c’est ce qui devrait d’emblée être annoncé. Ne vous laissez pas prendre au piège d’introduire le tout par la description de la maladie ou encore l’explication du stress. Vulgariser n’est en aucun cas enseigner. Un bon article de vulgarisation scientifique n’est pas un texte encyclopédique1.

Chuter pour mieux s’envoler

 

La chute se trouve à être le dernier paragraphe d’un article de vulgarisation scientifique. À l’instar de la conclusion qui sert à rappeler le sujet du texte, la chute demande d’amener le lectorat ailleurs en offrant de nouvelles perspectives1. Elle demande une attention particulière, sans quoi elle risque de s’écraser plutôt que de s’envoler.

 

Regardons un exemple de chute. Voici celle de l’article « Les bactéries, des alliées à double tranchant » publié à La Fibre lors de l’édition du printemps 2021 par Maude Hamilton.

 

« Les interactions qui existent entre l’être humain et les bactéries sont d’une extrême complexité et leur importance est indéniable. La possibilité de considérer le microbiote dans le traitement pour des maladies neurodégénératives ou des troubles de l’humeur effleure l’esprit de plusieurs scientifiques. La solution réside-t-elle dans la composition bactérienne du microbiote? Seul l’avenir le dira! »

 

Ici, l’autrice nous amène ailleurs en nous proposant de considérer le microbiote comme piste de traitement pour certaines maladies neurodégénératives. C’est exactement ce qu’on s’attend d’une chute.

 

 

 

 

 

Références bibliographiques

 

(1) Malavoy, S. (2019). Guide de vulgarisation scientifique. (2e éd.). Acfas.

(2) Dodds, M., Roland, S., Edgar, M., & Thornhill, M. (2015). Saliva A review of its role in maintaining oral health and preventing dental disease. Bdj Team2, 1-8.

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