Affronter l’adversité un livre à la fois

Samuel Laramée-Aubry

Étudiant au baccalauréat en psychologie

Anaïs Bonin-Lance

Étudiante au baccalauréat en psychologie

Affronter l’adversité un livre à la fois

Samuel Laramée-Aubry

Étudiant au baccalauréat en psychologie

Anaïs Bonin-Lance

Étudiante au baccalauréat en psychologie

En 2021, une équipe de recherche de l'Université de Sherbrooke s'est intéressée aux bienfaits de la lecture en contexte d'adversité existentielle au sein de la population adulte. L’adversité existentielle est généralement décrite comme se rapportant à des épreuves qui déstabilisent la conception qu’un individu a de son existence et qui le confrontent à des préoccupations existentielles ultimes (Yalom, 1980), comme la solitude, la mort, la liberté et le non-sens. L’étude réalisée a permis de dégager plusieurs bienfaits de la lecture et des facteurs qui peuvent influencer ces bienfaits. Elle a aussi permis d’appuyer que la lecture peut constituer un moyen accessible pour les adultes de la population générale de traverser une situation d’adversité existentielle.

Julie est une jeune adulte qui vient d’abandonner son programme de baccalauréat, car elle échouait plusieurs de ses cours. Bien que fort intéressant pour plusieurs de ses camarades de classe, Julie n’avait pas l’impression que ce programme était porteur de sens pour elle. Elle se sent incomprise par ses ami.es qui semblent être à leur place dans leurs programmes respectifs. Julie vit une angoisse de solitude. En effet, même si elle est entourée d’ami.es, ceux-ci et celles-ci ne peuvent pas complètement comprendre ce qu’elle vit. Face à cette situation déstabilisante, Julie pourrait se tourner vers la lecture pour trouver des réponses à ses questions ou pour se sentir comprise et moins seule par l’identification aux personnages fictifs. La situation de Julie illustre quelques bienfaits potentiels de la lecture, mais il en existe d’autres. 

Un livre aux multiples bienfaits

Bien que la lecture n’efface pas les tracas, elle permet au moins de s’en détacher pour une brève période, et même d’en diminuer les impacts. Il est ici question d’évasion, un mot souvent évoqué en parlant de la lecture. Ainsi, lire un livre permettrait de mettre de côté ses préoccupations quotidiennes ou même une situation particulièrement difficile le temps d’un moment. Certaines personnes en viennent même à comparer une séance de lecture à une sieste, soit un moment où le flux constant de pensées cesse pour laisser place à la détente.

Par ailleurs, la lecture expose une personne à divers points de vue et même parfois une compréhension approfondie de certaines situations. Par exemple, lire un roman où le héros de l’histoire commet l’adultère pourrait favoriser l’adoption d’une vision plus nuancée du phénomène. La lecture permet aussi d’envisager de nouvelles solutions à des problèmes réels. Ainsi, être témoin de la façon dont les personnages font face à leurs adversités est un élément clé pour trouver des pistes de solutions personnelles. Aussi, plusieurs types d’apprentissages peuvent être faits en lisant, autant sur le plan des connaissances acquises que sur celui du développement personnel.

 Des bienfaits socioaffectifs peuvent également découler de la lecture. Les lecteurs et les lectrices auraient tendance à développer une connexion aux personnages et même de s’identifier à certains d’entre eux. Par exemple, une personne pourrait s’identifier à un enfant dans son livre. En se reconnaissant en ce dernier, cela lui permettrait d’entretenir davantage d’autocompassion et de prendre soin d’elle comme elle aurait envie de prendre soin de l’enfant.  Aussi, en se connectant et en s’identifiant aux personnages, les lecteurs et les lectrices peuvent ressentir une diminution de leur sentiment de solitude. Les personnes qui lisent se sentent entourées et comprises même si la lecture est une activité solitaire. Elles peuvent sentir que les personnages sont présents de façon constante et leur partagent avec elles un vécu commun, ce qui n’est pas nécessairement le cas de leur entourage réel. 

Trop, c’est comme pas assez

Plusieurs facteurs peuvent altérer les bienfaits de la lecture, et ce dépendamment des individus. L’état d’esprit dans lequel se trouve le lecteur, entre autres, peut influencer son choix de lecture. Par exemple, si une personne entretient un état d’esprit plus négatif, elle pourrait être amenée à opter pour une lecture qui s’éloigne de ce qu’elle vit ou une lecture légère. Ainsi, l’importance dans ce contexte est que le livre ne traite pas des difficultés actuelles de la personne qui lit.

De plus, dans certaines situations, trop utiliser la lecture peut mener à une forme de déresponsabilisation. Il est possible de « trop » s’évader par la lecture et de prendre une distance, non pas avec ses situations d’adversité, mais plutôt avec ses responsabilités. Par exemple, une personne qui vient de perdre son emploi pourrait se plonger dans la lecture toute la journée pour oublier cet événement. Bien que cela puisse lui offrir un répit, elle ne se mettrait pas en action pour se trouver un nouvel emploi. Il est donc important de préserver un équilibre entre s’évader par la lecture et prendre ses responsabilités en main.  

La lecture amène toute une gamme d’autres bienfaits, mais qu’en est-il de son utilisation concrète pour améliorer le bien-être de la population québécoise ? La lecture pourrait complémenter d’autres démarches entreprises par les individus vivant de l’adversité existentielle en leur permettant d’être davantage proactifs et autonomes dans leur quête de bien-être. Avec l’intérêt grandissant de la population envers les différentes méthodes pour prendre soin de soi, la lecture connaitra peut-être un nouveau souffle pour remplacer les méthodes de divertissement numérique, qui sait ?

Découvre les auteurs·trices

Samuel, Anaïs, Sandrine, Chloé et Anne se sont tous rencontrés au baccalauréat en psychologie. Passionnés de lecture, ils ont allié leur intérêt à leur domaine d’études pour créer un projet à leur image.  

Samuel Laramée-Aubry

Samuel, grand amateur de science-fiction et barista à ses heures, il sait toujours ramener l’équipe à l’ordre avec beaucoup de bienveillance.

Anaïs Bonin-Lance

Anaïs est une adepte de yoga, de squash, de ski, en fait, de tous les sports possibles. Son énergie contagieuse est bien utile quand l’équipe perd un peu de motivation. Pour une femme bien occupée entre son emploi, ses études et son engagement comme présidente d’une association étudiante.

Chloé Longchamps

Chloé, grande amatrice de romans fantastiques et de romance, sait rassembler les idées et synthétiser le tout quand l’équipe s’éparpille un peu.

Sandrine Thibault

Sandrine est toujours calme et sait comment aider les autres membres de l’équipe à alléger leur stress.

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